Industry 4.0 - Global Digital Operations Survey 2018

Transformation digitale : les industriels français prévoient 15% d’économies et une augmentation de leurs revenus de plus de 10% d’ici 5 ans.

Introduction

Pour cette nouvelle édition de l’étude « Global Industry 4.0. How to be a Digital Champion», l’entité de conseil en stratégie de PwC, Strategy&, a interrogé 1 155 cadres dirigeants d’entreprises industrielles dans 26 pays. Parmi les principaux enseignements, les experts PwC retiennent que :

  • 10% des entreprises industrielles mondiales sont à la pointe de l’industrie 4.0, alors que près des deux tiers ont à peine ou pas encore commencé le voyage numérique.
  • Les entreprises les plus avancées sont asiatiques : 19 % des industriels en pointe sur la digitalisation, contre 11 % sur le continent américain et 5 % en Europe.
  • Les entreprises françaises sont proches de la moyenne mondiale dans la mise en œuvre des nouvelles technologies ; des efforts restent, cependant, à faire en ce qui concerne la culture et les écosystèmes numériques.
  • Les entreprises industrielles françaises prévoient des économies significatives de 15,4% grâce aux investissements digitaux et une augmentation de leurs revenus de 10,3% grâce à un changement dans la gamme de produits et la numérisation de leurs plates-formes de modèle d'affaires sur les 5 prochaines années.
  • La France s’illustre comme leader des pays européens sur l’intelligence artificielle avec un taux d’implémentation de 7% en France contre 5% en Europe.
  • Deux tiers des entreprises mondiales n’ont pas lancé leur transformation digitale.

Alors que l’industrie 4.0 transforme rapidement le secteur industriel, seul un petit groupe d'entreprises est en mesure de tirer de réels avantages concurrentiels de cette révolution, d’après l’édition 2018 de l’étude de PwC. En effet, seules 30% des entreprises au niveau mondial ont déjà adopté les nouvelles technologies.
Preuve des mutations actuelles et à venir, l’étude montre également que 80% des revenus actuels des entreprises proviennent des produits et de services traditionnels alors que d’ici 5 ans, 30% des revenus proviendront, totalement ou pour partie, du digital.
Néanmoins, les experts PwC constatent que les deux tiers des entreprises ne disposent pas de vision ni de stratégie numériques claires qui leur permettent de soutenir la transformation digitale et la culture qui l'accompagne.
Les entreprises les plus matures s’illustrent dans deux secteurs, celui de l’automobile et de l’électronique. Dans l’automobile, les opérations sont automatisées et connectées depuis des dizaines d’années, tandis que les fabricants d'électronique figurent parmi les pionniers de la production externalisée, ce qui nécessite de connecter et de gérer des systèmes et des partenaires variés à travers une chaîne de valeur étendue.

Les entreprises industrielles européennes affichent un retard considérable sur la transformation digitale vis-à-vis de leurs homologues de la région Asie Pacifique

L'Asie-Pacifique ouvre la voie vers la digitalisation avec 19 % des industriels en pointe sur la digitalisation, contre 11 % sur le continent américain et 5 % en Europe. Par rapport à leurs homologues de la région Asie-Pacifique, les entreprises européennes affichent généralement un degré moyen d'intégration de la chaîne d’approvisionnement notamment à travers le faible niveau d’automatisation et de connectivité des processus de production.
Pour les experts PwC, l’écart continuera de se creuser puisque 32 % des entreprises asiatiques prévoient de se doter de nouvelles technologies stratégiques, au cours des cinq prochaines années, contre 24 % en Amérique et 15 % en Europe. Elles tablent sur une croissance des revenus du digital portée par leurs investissements dans les nouvelles technologies de 13 % seulement au cours des cinq prochaines années, contre 17 % pour les entreprises asiatiques.

« Les entreprises asiatiques dépassent de loin leurs homologues occidentaux en termes de mise en place de modèles opérationnels numériques. Elles semblent plus disposées à essayer de nouveaux modèles économiques et à développer des produits et services innovants. Les jeunes dirigeants d’entreprise férus de numérique ont largement incité les entreprises à digitaliser leurs principaux processus opérationnels, à un rythme beaucoup plus rapide qu'ailleurs dans le monde. »

Benoit Romac
Associé responsable de la plateforme Industrie 4.0 chez PwC

Des réductions de coûts grâce aux gains en efficacité générés par la connectivité et les nouvelles technologies

Les nouvelles technologies sont mises en œuvre dans tous les domaines, mais seuls les entreprises les plus avancées sont en mesure de tirer parti de ces technologies pour se connecter et collaborer réellement de bout en bout de la chaîne de valeur. Ils adoptent une approche holistique, reliant les technologies essentielles de part et d’autres de l'organisation et avec des partenaires stratégiques au lieu d'implémentations isolées. En conséquence, ils s'attendent à réaliser des économies et des gains d'efficacité élevés grâce à la mise en œuvre de technologies: 16% prévoient des économies de coûts au cours des cinq prochaines années contre 10% pour les novices numériques, c’est à dire les moins matures selon l’étude.

Quel est le niveau de mise en œuvre des nouvelles technologies dans les entreprises industrielles mondiales et en France?

Les entreprises industrielles mondiales ont déjà mis en œuvre certaines des technologies les plus récentes, telles que la maintenance prédictive (48%), systèmes d’exécution de fabrication ou MES (45%), planification intégrée (44%) ou encore l'IoT (42%).
La France affiche un taux d’implémentation de solutions d’IA de 7% alors que la moyenne européenne est de 5% seulement (contre 9% au niveau mondial). Les entreprises asiatiques sont à l'avant-garde : 15 % d'entre elles mettant en œuvre des solutions. Dans l'ensemble, l'étude révèle que l'IA n’en est encore qu’à ses débuts. La plupart des entreprises apprécient son fort potentiel, mais les exemples de sa mise en pratique restent rares.
Les entreprises françaises ont encore besoin d’être accompagnées afin de transformer l’essai 4.0 et de bénéficier des nombreuses opportunités portées par cette révolution. L’étude montre bien que les entreprises les plus performantes sont celles qui sauront privilégier une approche globale en connectant les technologies d’un bout à l’autre de la chaîne de valeur et en s’alliant à des partenaires stratégiques. Il s’agit également de se doter des compétences qui sont cruciales en faisant monter en compétence les collaborateurs.

Les talents au centre de la transformation digitale

Au niveau mondial, seulement 27 % des entreprises interrogées par PwC estiment que leurs collaborateurs sont suffisamment formés pour maîtriser l'avenir digital. L’étude montre ainsi que les entreprises les plus avancées sont celles qui investissent massivement dans la formation des collaborateurs et mettent en place une organisation adaptée et des équipes multidisciplinaires afin de diffuser au mieux l'innovation au sein de leur entité.

« Contrairement à la dernière révolution industrielle, l'industrie 4.0 va permettre de relocaliser les usines en France : deux tiers des répondants voient en effet à la fois un impact positif sur les volumes et un regain de compétitivité en France grâce au développement des compétences nécessaires aux nouvelles technologies. »

Vincent Espie
Directeur chez PwC Strategy&

« Plus que jamais, les collaborateurs sont au cœur l’évolution de l’entreprise : ce sont eux qui soutiennent son orientation stratégique et sa transformation. Aux entreprises de recruter les meilleurs talents afin de disposer de nouvelles compétences dans des domaines innovants mais aussi de former les collaborateurs afin qu’ils puissent jouer ce rôle clef. Face à ces mutations technologiques, les entreprises ont une responsabilité d’accompagner les collaborateurs à développer de nouvelles compétences qui seront de plus en plus cruciales dans les années à venir. »

Benoit Romac
Associé responsable de la plateforme Industrie 4.0 chez PwC