16.09.2015
D'ici à 2021, les applications automobiles numériques représenteront jusqu'à 10 % des ventes de véhicules neufs sur le segment haut de gamme

L'industrie automobile va devoir s'adapter très rapidement à l'ère numérique

Paris, le 16 septembre 2015 - La mobilité connectée est sur le point de devenir un levier de croissance clé pour l'industrie automobile. En 2016, le volume des ventes sur le segment de la voiture connectée aura franchi la barre des 40 milliards d'euros, pour atteindre 123 milliards d'euros, soit plus du triple, d'ici à 2021. Les applications pour voiture connectée représenteront, en moyenne, 10 % du total des ventes de véhicules neufs sur le segment haut de gamme.

La voiture sera alors perçue comme un ensemble de services intégrés, et non plus comme un assemblage de pièces détachées. D'ici à 2025, le volume annuel des ventes numériques aura atteint 3 300 euros par ménage en moyenne mondiale sur le segment haut de gamme. Ces ventes comprennent notamment les produits et services numériques ainsi que l'accès en ligne, qui seront consommés à raison d'une heure par jour en moyenne dans une voiture sans conducteur. Pour exploiter ce potentiel économique, les constructeurs automobiles doivent mener une véritable transformation de leur activité, qui sera avant tout fondée sur la commercialisation, non plus de produits, mais de logiciels et de contenus numériques. Cela constitue bien sûr un immense défi et exigera non seulement une nouvelle définition de leur cœur de métier, mais aussi une approche renouvelée en matière d'innovation, de processus et de culture d'entreprise. « Les constructeurs automobiles vont devoir s'adapter très rapidement s'ils veulent que la voiture continue à jouer un rôle important dans la vie numérique du consommateur. Faute de quoi, ils pourraient subir un sort similaire à celui des fabricants de PC, touchés par la migration des services intelligents vers le cloud et par l'utilisation croissante des applications sur smartphones plutôt que sur PC », explique Alex Koster, Partner et expert digital chez Strategy&, co-auteur du rapport « Connected [email protected] 2015 » mené par le cabinet de conseil stratégie Strategy&, membre du réseau PwC, en collaboration avec le Center of Automotive Management (CAM). L'étude porte à la fois sur le présent et l'avenir de la mobilité connectée sur le segment automobile.

L'immense potentiel commercial des interfaces pour appareils mobiles, des logiciels et des applications Internet attire inévitablement les digital players, c'est-à-dire des entreprises numériques telles qu'Apple, Google ou Uber dont le cœur de métier n'est pas l'automobile.

Les applications liées à la sécurité sont les principaux leviers de croissance
Ces applications continuent à se tailler la part du lion dans le potentiel de croissance du secteur. Au cours de l'année prochaine, et pour l'ensemble des fabricants, elles représenteront en effet plus de 15 milliards d'euros, soit 37,3 % du total des ventes numériques pour l'industrie automobile. Cette proportion passera à 40,2 % d'ici à 2021, avec un volume de ventes de près de 50 milliards d'euros. Selon les prévisions, les précurseurs technologiques de la voiture sans conducteur représenteront déjà un marché de 9,45 milliards d'euros en 2016. D'ici à 2021, le volume de ce marché aura quadruplé pour atteindre 39,62 milliards d'euros. D'ici à 2025, 20 % des nouveaux véhicules seront équipés de cette technologie.
D'autres segments associés à la voiture connectée vont également connaître une croissance significative entre 2016 et 2021 : de 5,95 à 13,42 milliards d'euros pour le divertissement multimédia ; de 4,39 à 5,61 milliards pour la gestion de la mobilité ; de 3,56 à 7,10 milliards pour la gestion du véhicule ; et de 1,95 à 7,60 milliards d'euros pour la gestion du bien-être.

Les constructeurs et équipementiers allemands sont à la pointe de l'innovation
Les constructeurs et équipementiers automobiles allemands se trouvent actuellement dans une position de marché enviable, compte tenu de leur potentiel d'innovation. VW et Daimler sont à la pointe de l'innovation pour les systèmes d'assistance à la sécurité et de divertissement multimédia. Sur ces deux volets, Ford occupe la troisième place tandis que BMW se situe au quatrième rang. Concernant la capacité d'innovation des fournisseurs en matière de voiture connectée, deux entreprises allemandes, Bosch et Continental, se trouvent en tête des classements internationaux, suivies de leur concurrent américain Visteon. « L'industrie automobile allemande se caractérise par une forte intensité de l'innovation, par rapport à la concurrence internationale. Elle est en fait très bien placée sur pratiquement tous les aspects de l'innovation. Ses marges sont en revanche soumises à une pression croissante liée à l'augmentation des investissements en recherche et développement, notamment dans le secteur du numérique », ajoute le professeur Stefan Bratzel, du Center of Automotive Management, co-auteur de l'étude. Le secteur est sur le point d'entrer dans une période de mutation structurelle, avec l'évolution rapide des plateformes automobiles et des comportements des consommateurs en matière de mobilité. Des concurrents très offensifs tels que Tesla et Uber renforcent cette pression en matière d'innovation en proposant des concepts et des plateformes logicielles radicalement nouveaux. « Pour les constructeurs établis de longue date, l'avenir se jouera sur leur capacité à repenser de fond en comble la question de la mobilité et à traduire cette nouvelle approche en produits et services exploitables sur le plan commercial », résume Alex Koster.

Une exigence commune : sécurité informatique et protection des données
Le succès commercial sera décidé avant tout par la prise en charge des questions de risque et de sécurité informatiques. Plus la demande sera forte en matière de conduite autonome, plus les systèmes IT mobilisés seront nombreux, et plus grands seront les risques d'erreurs ou de manipulation. « Avec le développement des véhicules en réseau et des nouveaux flux d'informations générés, la sécurité informatique et la protection des données vont acquérir une importance considérable pour l'ensemble de l'industrie automobile. Cela nécessitera inévitablement la mise en œuvre de normes communes en matière de protection des données. Les constructeurs et les associations professionnelles concernées doivent donc s'entendre sur des principes valides à l'échelle internationale », estime Stefan Bratzel.

Méthodologie de l'étude Connected [email protected]
Pour cette étude, PwC Strategy& a analysé les portefeuilles de produits des plus grands constructeurs et équipementiers au monde. Dans une seconde phase, l'étude s'est intéressée aux axes de recherche et développement en cours, afin de déterminer l'état d'avancement du segment de la voiture connectée. L'attractivité des différentes propositions pour les clients finaux a été évaluée par une équipe d'experts à l'aide du modèle de Kano de représentation de la satisfaction client. Les résultats de ce travail ont ensuite été utilisés pour déterminer le potentiel commercial pour les constructeurs.


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