Les femmes dirigeantes montent en puissance

La classe dirigeante féminine est en pleine expansion, d’ici à 2040, un tiers des CEOs nommés seront des femmes prévoit le cabinet Strategy& dans l’édition 2014 du «Chief Executive Study»

Paris, le 12 mai 2014 – Au cours des dix dernières années, la part des femmes devenues dirigeantes d’entreprises a été supérieure de 75% à celles ayant quitté leurs fonctions. Ce solde, largement positif, est emblématique d’une tendance de fond qui s’est accélérée au cours des 5 dernières années. Telle est la principale conclusion de l’édition 2014 du « Chief Executive Study : Women CEOs of the last 10 years » publiée par le cabinet Strategy&. Chaque année depuis 14 ans, le « Chief Executive Study » analyse le turnover des dirigeants d’entreprises. Cette année, l’étude s’est plus particulièrement intéressée aux femmes dirigeantes d’entreprises et à l’évolution de leurs parcours depuis 10 ans.

Principales conclusions de l’étude

  • La classe dirigeante féminine est en pleine expansion : 118 femmes ont pris leurs fonctions ou les ont quittées depuis 2004. Si les femmes CEOs sont encore peu nombreuses et ne représentent que 3% de la classe entrante en 2013, le cabinet Strategy& observe qu’au cours des 8 dernières années, la part des femmes ayant accédé à des fonctions dirigeantes a été supérieure à celle des femmes les ayant quitté. Ce mouvement s’est amplifié au cours des 5 dernières années avec 3,6% de femmes entrées en fonctions entre 2009 et 2013 contre 2,1% au cours de la période 2004 - 2009.
  • D’ici 2040, un tiers des CEOs nommés seront des femmes, prévoit le cabinet Strategy&, qui se fonde sur la tendance à la hausse du niveau d’éducation, la place croissante des femmes parmi les actifs, l’évolution des mentalités et des codes sociaux.
  • Avec 3,2%, ce sont les Etats-Unis et le Canada qui affichent le taux le plus élevé de femmes dirigeantes sur la dernière décennie, tandis qu’à l’opposé, les entreprises japonaises enregistrent le pourcentage le plus faible (0,8%). Les secteurs des technologies de l’information et des biens de consommation présentent le pourcentage le plus élevé de dirigeantes avec respectivement 3,1%, et 2,6%. A l’inverse, l’industrie des matériaux de construction enregistre la proportion la plus faible (0,8%)
  • En termes de parcours professionnel, les femmes CEOs accèdent à cette fonction au même âge que leurs homologues masculins (53 ans) mais s’en distinguent en ce qu’elles sont le plus souvent recrutées à l’extérieur de l’entreprise plutôt qu’en interne (35% des femmes contre 22% des hommes). « Le fait que les femmes dirigeantes sont le plus souvent des outsiders indique que les entreprises n’ont pas été capables de développer professionnellement suffisamment de femmes. Quand les boards cherchent un successeur, ils doivent alors élargir leur périmètre de recherche et regarder à l’extérieur de leur organisation », observe Rich Parkin, directeur général de Strategy& en France.

Par ailleurs, note Strategy&, les femmes CEOs sont plus souvent démises de leurs fonctions que les hommes. Au cours de la dernière décennie, elles sont 38% contre 27% à avoir été remerciées.

Autres conclusions de l’étude

  • La durée moyenne du mandat d’un CEO (5 ans) est restée stable depuis 6 ans, de même que leur turnover, marqué par la montée en puissance des successions planifiées. En 2013, 14,4% des CEOs ont quitté leurs fonctions, ce qui représente une légère baisse depuis 2012 (15%) mais reste plus élevé que la moyenne des 5 dernières années (13,9%). 70% des successions de dirigeants ont été anticipées - ne résultent pas d’un M&A ou d’un départ contraint-, un niveau près de 20% plus élevé que celui de la période 2000-2009 (53%). Il s’agit d’un signal fort qui révèle que les entreprises continuent à prendre une part active dans la mise en place d’un nouveau leadership.
  • Les données par régions et par secteurs confirment une tendance observée depuis 3 ans : le Brésil, la Russie et l’Inde sont les zones géographiques où le turnover des CEOs est le plus élevé (21,1%). Par ailleurs, avec 22,1%, c’est le secteur des télécoms qui enregistre le plus fort taux de rotation de ses dirigeants.
  • Le profil du CEO reste traditionnel. La majorité des dirigeants nouvellement nommés sont familiers de l’entreprise qui les recrute, 76% sont promus en interne, 26% ont conduit leur carrière dans la même entreprise et 58% sont issus du même secteur d’activité. 80% sont originaires du pays dans lequel l’entreprise est basée et 65% n’ont pas d’expérience internationale. « Les entreprises continuent à choisir des dirigeants qu’elles connaissent, avec lesquels elles sont familières, et lorsque l’on parle de nationalité et d’expérience internationale, le dirigeant global relève davantage du mythe que de la réalité » affirme Rich Parkin.
  • Le nombre de nouveaux dirigeants possédant le double titre de CEO et de chairman est en constante diminution pour atteindre 9% en 2013, son plus bas niveau historique. Ce phénomène doit être interprété comme un signe de bonne gouvernance qui se traduit par une responsabilisation accrue et une diminution des conflits d’intérêt. Il s’agit de la plus forte tendance de fond observée en 14 ans dans le cadre de l’étude.
  • Les CEOs issus de la promotion interne génèrent tout au long de leur mandat une performance plus élevée que les CEOs venus de l’extérieur. Ainsi, les entreprises cherchant à recruter des femmes pourraient tirer bénéfice à les chercher à l’intérieur de leur organisation davantage qu’elles ne le font actuellement, note Strategy&. De la même façon, quand un CEO est remercié, son remplacement est souvent assujetti à une contrainte de temps. Les entreprises qui n’ont pas de processus de succession clairement établi doivent compter le plus souvent sur des outsiders pour combler rapidement cette vacance de poste. Ces entreprises doivent aussi chercher de nouvelles idées.

Méthodologie de l’étude
L’étude « Chief Executive Study » a identifié les 2 500 plus grandes entreprises cotées dans le monde sur la base de leur capitalisation boursière au 1er janvier 2013 selon Bloomberg. Nous avons procédé à un examen approfondi de chaque entreprise où apparaissait un changement de CEO en 2013 afin d’obtenir des précisions concernant l’ancien et le nouveau CEO : titre, durée du mandat, présidence, nationalité, expérience professionnelle, etc. Nous avons recueilli en parallèle les informations fournies par les entreprises elles-mêmes à l’exception de la raison du changement. En ce qui concerne ce dernier point, les consultants de Strategy&, ont qualifié chaque changement pour en comprendre les raisons, région par région. Afin de distinguer clairement les économies traditionnelles et émergentes, Strategy& a suivi le classement 2013 établi par le Programme de développement des Nations unies.


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