28.05.2013
Les entreprises reprennent un contrôle actif sur la succession de leurs dirigeants

Les conclusions de l’étude « Chief Executive Study 2012 » révèlent que les entreprises sont de plus en plus proactives en matière de succession de dirigeants et les planifient désormais très rigoureusement pour disposer des leaders les plus appropriés.

« Pendant la crise économique, les conseils d’administration ont adopté une approche défensive du sujet et reporté le processus de remplacement de leurs dirigeants. Aujourd’hui, ils planifient plus activement ces renouvellements, les entreprises recherchant plus de stabilité et cherchant à aller de l’avant en consentant les changements nécessaires, » déclare Gary L. Neilson, senior partner chez Booz & Company et co-auteur de l’étude. « Alors que le taux de turnover est plus élevé que jamais, CEO issus de l’interne constituent la majorité des nouveaux dirigeants, ce qui révèle une approche plus réfléchie de la part des entreprises pour s’assurer de la nomination des leaders les plus adéquats. »

L’étude annuelle qui décrit le turnover des CEOs des 2 500 plus grandes entreprises cotées dans le monde révèle qu’il était de 15% en 2012, constituant le taux le plus élevé depuis 2000 après celui de 2005. En même temps, les entreprises ont retrouvé une véritable capacité à programmer le remplacement de leurs dirigeants : 72% du turnover a été planifié, ce qui représente le taux le plus élevé depuis 13 ans. ce qui indique que les entreprises cherchent à tirer parti de la stabilité de leadership dont elles bénéficient pour la plupart avec l’amélioration de l’économie.

L’étude étudie également les raisons de ces changements en fonction de la situation géographique et du secteur d’activité de ces entreprises. Le rapport: Time for new CEOs: The 2012 chief executive study s’est particulièrement concentré sur la personnalité des nouveaux dirigeants et sur leur provenance.

Principales conclusions de l’étude

  • Les entreprises sont de plus en plus proactives en matière de succession de dirigeants. Les entreprises planifient désormais soigneusement ces successions afin d’avoir à leur disposition les leaders les plus appropriés. 72% des successions ont été planifiées et préparées en 2012 (contre 69% en 2011) alors que les départs forcés représentent 19% du turnover total (le deuxième taux le plus faible jamais enregistrée). Cette tendance montre que les entreprises sont aujourd’hui en mesure d’adopter une approche plus réfléchie des transitions à leur sommet.
  • Le taux de femmes CEOs a légèrement augmenté en 2012. À peine 5%, soit 15 des nouveaux CEO en 2012 sont des femmes – On remarque une hausse notable par rapport à la moyenne de 3% des trois dernières années, même si cela reste infime.
  • Le « CEO mondial » est davantage un mythe qu’une réalité. Pour la plupart des entreprises, il apparaît que leur nouveau dirigeant doit leur être proche. En effet, en 2012, 71% des nouveaux CEOs sont des « insiders » qui ont bénéficié d’une promotion interne. De même, les entreprises ont tendance à choisir à leur tête des dirigeants originaires du pays où se situe leur siège social : 81% des sociétés ont engagé un dirigeant issu du pays abritant leur siège et 9% ont engagé un CEO venu d’un pays différent mais appartenant à la même région que leur siège. Par ailleurs, l’étude 2012 mis en évidence que 25% des nouveaux CEOs n’ont travaillé que pour une seule entreprise tout au long de leur carrière.

« Les entreprises d’Europe occidentale se sont distinguées en 2012 en recrutant de nouveaux dirigeants dotés d’une expérience internationale. En effet, le choix de 60% des entreprises européennes qui ont engagé un nouveau dirigeant cette année, s’est porté vers un directeur général disposant d’une expérience acquise hors de la région de leur siège. De leur côté, 67% des nouveaux CEOs en Europe occidentale peuvent faire valoir une expérience mondiale, » explique Per-Ola Karlsson, senior Partner de Booz & Company et co-auteur de l’étude. « Il est aussi intéressant de constater que l’Europe occidentale est la seule région qui ait fourni de nouveaux dirigeants à toutes les autres régions. »

Autres conclusions

Le Brésil, la Russie et l’Inde enregistrent la plus forte hausse du taux de turnover en 2012.

  • Par comparaison avec la moyenne des cinq dernières années (de 2007 à 2011), le taux de turnover des CEOs a partout augmenté sauf au Japon. Avec 55%, c’est au Brésil, en Russie et en Inde que la hausse a été la plus forte - Le taux passant de 15,4% en 2007-2011 à 23,9% en 2012.
  • Bien que les entreprises d’Europe occidentale aient vu leur taux de turnover augmenter, cette hausse reste la plus modeste de toutes les zones géographiques, à l’exception du Japon. Le remplacement des dirigeants en Europe occidentale a augmenté de 3,5%, de 14,2% en 2007-2011 à 14,7% en 2012.

La plupart des nouveaux CEO n’ont pas de MBA.

  • Si l’ensemble (sauf un) des nouveaux CEOs 2012 affiche un diplôme de premier cycle, peu nombreux sont ceux qui peuvent se prévaloir d’un MBA ou d’un doctorat : 29% ont un MBA et 9% sont titulaires d’un doctorat. On remarque cependant qu’un MBA peut légèrement doper la carrière d’un CEO, l’âge d’accès moyen à ce poste étant – pour les CEOs 2012 promus en interne – de 52 ans avec un MBA contre 54 ans sans MBA.

Ken Favaro, senior Partner chez Booz & Company et coauteur de l’étude, ajoute que « la voie pour devenir CEO n’implique pas seulement de remplir des cases. À l’évidence, il se dégage de notre étude que pour devenir CEO, il ne faut pas conquérir de grands diplômes ou gagner en expérience mondiale. Devenir CEO, c’est essentiellement prendre le temps de développer les aptitudes nécessaires à la croissance d’une entreprise et indispensables pour bien la diriger à l’avenir. »

Le rapport complet peut être téléchargé sur le site Internet de Booz & Company à l’adresse suivante : chiefexecutivestudy.

À propos de l’étude « Chief Executive Study » 2012 de Booz & Company
Cette année, l’étude « Chief Executive Study » a tout d’abord identifié les 2 500 plus grandes entreprises cotées dans le monde sur la base de leur capitalisation boursière au 1er janvier 2012 selon Bloomberg. Booz & Company a également utilisé Bloomberg pour déterminer les fusions-acquisitions opérées en 2012.

Nous avons procédé à un examen approfondi de chaque entreprise où apparaissait un changement de CEO en 2012 afin d’obtenir des précisions concernant l’ancien et le nouveau CEO: titre exact, durée, présidence ou non, nationalité, expérience professionnelle, etc.

Nous avons recueilli en parallèle les informations fournies par les entreprises elles-mêmes concernant la plupart des données à l’exception de la raison du changement. En ce qui concerne ce dernier point, les consultants de Booz & Company, ont séparément qualifié chaque changement pour en comprendre les raisons, région par région.

Afin de distinguer clairement les économies traditionnelles et émergentes, Booz & Company a suivi le classement 2012 du Programme de développement des Nations unies.

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